Echanges Tai Chi en Belgique
Catégories: Conférence
Le par Georges Favraud
Le week-end du 13-14 octobre 2018, l’école de taijiquan – Eric Caulier organisait une rencontre en partenariat avec le Mundaneum et l’Université de Mons. Le célèbre soleil belge était au rendez-vous pour échanger en pratique et en théorie… sur le fond et dans la convivialité !

Les quatre intervenants (de droite à gauche et de la tête au pied, à la chinoise) :
- Jean-Jacques Sagot, directeur pédagogique de La grande Ourse, association de taijiquan qui s’est déployée du Périgord à plusieurs régions de France, et au-delà…
- Eric Caulier, anthropologue cognitiviste et directeur pédagogique de l’un des principaux réseaux belge d’écoles de taijiquan.
- Catherine Despeux, professeur émérite de l’Inalco, historienne et philologue spécialiste de la médecine, des arts du corps et des religions chinoises, auteure de multiples ouvrages de référence.
- Georges Favraud, anthropologue social et culturel, spécialiste de la Chine et enseignant des techniques taoïstes du corps, des souffles et de l’esprit à Toulouse.

Georges a tout d’abord proposé de prendre contact avec soi, puis de se mettre en jambe en « jouant avec la sphère de souffles ». Un principe qui structure de nombreux mouvements internes et externes du taijiquan. Une exploration du qi basée sur la continuité du mouvement…

Jean-Jacques a ensuite abordé le style Wu par des applications martiales à deux. Une sphère d’amplitude alors réduite et dense pour adhérer dans la détente et la fluidité à une attaque pour la canaliser. Le qi émanait cette fois de la rencontre avec l’autre, autour d’un axe !

Eric s’est ensuite tourné vers les structures fondamentales du style Sun, en les comparant avec celles des styles plus connus Chen et Yang. Un qi dans la solidité et la précision des postures.

Qui fonctionne aussi en mouvement…

Catherine nous a finalement fait travailler sur la respiration et la méditation. Non pas en tailleur, mais assis sur un banc (ou désormais une chaise en plastique), posture typique du taoïsme ancien. Pour un retour aux sources pneuma-tiques, émotionnelles et psychiques du qi !

La table-ronde, animée par le journaliste Philippe Basquin, a été l’occasion de partager nos parcours et de discuter des rôles du taijiquan dans la société contemporaine. Le qi se faisait alors écoute et parole, débats et éclats de rires.
Après tous ces travaux, une bière sur la grande place historique de Mons était bienvenue. L’occasion de prolonger les interactions détendues et spontanées de la journée ; mais aussi de caresser la petite statue de singe de l’hôtel de ville. Il nous a rappelé les trois petits houzi cachés au temple des Nuages blancs de Pékin, ainsi que l’importance des formes animales dans les origines du daoyin et des arts martiaux, et les liens de ces derniers avec le théâtre…
Savoir se rencontrer et partager, par-delà les clivages de style, de maître ou d’ego, c’est précieux et toujours fécond ! On ne demande qu’à remettre ça.